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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 20:04

 

« Qui a crié ? Mon Dieu, mais c’est Mrs Rooney ! »

Philip regarda Midwall d’un air troublé.

-Qui était Mrs Rooney ?

-C’était la nourrice de la famille. Puis elle est devenue la dame de compagnie de Mrs Ellroy-Duchamp, la mère de feu M.Ellroy. Que lui est-il arrivé ?

-Elle a été étranglée.

-Etranglée ? Seigneur Dieu ! Qui a pu commettre un tel acte ? C’est affreux !

-S’il vous plaît, M.Philip, avez-vous croisé quelqu’un en venant de…D’où veniez-vous, au fait ?

-Je venais de la cuisine. Mais si je peux me permettre, il faudrait prévenir Mrs Ellroy-Duchamp...ainsi que Mrs Ellroy.

-Il est curieux que toute cette agitation n’ait pas intrigué Mrs Ellroy. Elle s’était retirée dans sa chambre depuis la mort de son époux, je crois. Je vais l’interroger. Elle pourra peut-être me fournir des informations. Quant à cette Mrs Ellroy-Duchamp, je préfère la voir plus tard. »

 

Harry Midwall suivit le majordome jusqu’à la chambre de Mrs Ellroy. Philip frappa plusieurs fois à la porte. Pas de réponse.

« Ce n’est pas normal, s’inquiéta-t-il. A moins que Madame n’ait pris un somnifère…Mais tout de même, c’est étrange… »

Le Commissaire entra dans la chambre, le majordome sur ses pas. Il appuya sur l’interrupteur. Mrs Ellroy semblait dormir. Il s’approcha du lit. Elle était immobile, le visage figé. Un coussin avait été placé à côté d’elle, bien en évidence et une châtaigne était posée sur sa poitrine.

« Elle est morte, M.Philip. »

Philip parût perturbé. Même s’il avait vainement tenté de n’en rien laisser paraître.

Midwall fit signe au majordome de sortir et de ne pas souffler mot aux autres. Il regarda autour de lui, réfléchissant à ce qui venait de se produire. Mrs Ellroy venait d’être étouffée. Pour un mobile qu’il ne connaissait pas encore.

Il ne put détacher, un court instant, ses yeux de la victime. Elle était d’une grande beauté, encore jeune ; beaucoup plus que son mari. Ses cheveux blonds restaient étrangement peignés. Son visage avait gardé les traces d’un maquillage soigné.

Le luxe de sa chambre supposait qu’elle profitait grandement de la richesse de son mari. William Ellroy avait sans doute raison à ce sujet. Ce n’était pas un mariage d’amour. Quoique. Sur un des murs, était accroché un tableau. Un Rembrandt. Il se demanda combien il pouvait coûter. Une fortune, certainement. Un secrétaire, de style victorien, juste à côté de la fenêtre, attira l’attention de Midwall. Rien ne paraissait avoir été déplacé.

Midwall fouilla les tiroirs. Des papiers de toutes sortes, des factures de bijouterie, de magasins de vêtements ou de chaussures. Rien de bien intéressant. Dans un des tiroirs qu’il eut beaucoup de mal à ouvrir – il trouva une boîte contenant des bijoux. Un collier de perles, plusieurs paires de boucles d’oreilles en or et des bagues serties de pierres précieuses.

Ce n’est pas une histoire de vol. Pour quelle raison, alors ? pensa le Commissaire.

Il remarqua que la boîte avait un double-fond. Un petit mécanisme permettait de l’ouvrir. Une lettre. Il la déplia et lut les premières lignes. Aussitôt, il comprit.

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 14:40

 

Dans sa tranchée

Le soldat a peur -

Va-t-il revenir ?

 

*

 

Une fleur a poussé

Sur cette plaine cabossée -

Ah ! L'espoir !

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Published by Bertrand - dans Haïku Senryû
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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 23:05
Humour : les élections américaines

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Published by Bertrand - dans Humour Le Mégaphone
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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 13:18

 

 

 

William Ellroy avait tout du provocateur. Arrogant et insolent de surplus. Allongé sur son lit, il leva à peine les yeux quand Harry Midwall pénétra dans sa chambre.

« Je suis…

-Je sais. Vous êtes le sergeant Midwall. Je n’ai pas arrêté d’entendre parler de vous en cuisine. Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous leur avez fait une forte impression. Je pense que vous voulez me poser des questions sur la mort du vieux. C’est bien pour cela que vous êtes venu me voir, non ? Allez-y, je n’ai rien à cacher.

-Où étiez-vous quand votre père est mort, vers huit heures ?

-Je ne sais pas. Dans ma chambre, je présume.

-Vous présumez ?

-Je n’ai pas l’œil collé sur ma montre ! Je me suis un peu baladé dans le manoir. Je suis resté un moment dans la bibliothèque, à la recherche d’un livre.

-Lequel ?

-Je ne vous suis pas.

-Quel livre avez-vous cherché ?

-Un livre d’Edgar Allan Poe. Le…le Triomphe d’un taxidermiste. Et je suis remonté dans ma chambre.

-Quels rapports entreteniez-vous avec votre père ?

-Avec mon vieux ? Il me détestait, je le détestais. C’est aussi simple que cela. Son mariage avec ma folle de belle-mère n’a rien arrangé. Si vous voulez mon avis, c’était une véritable erreur de se marier avec elle.

-Parce que c’est une arriviste ?

-Vous me semblez parfaitement au courant, Commissaire. C’est une profiteuse. Je suis sûr qu’elle a épousé mon père pour l’argent.

-Pourtant, son argent vous a été toujours bien utile. Il vous a sorti d’affaire à chaque fois, je crois.

-Cela n’a rien à voir, Sergeant Mid…den1*.

-Midwall.

-Sergeant Midwall, il tenait trop à l’honneur de la famille.

-A mon avis, c’est à ce sujet qu’il vous a fait venir dans son bureau.

-Vous êtes au courant de cela, aussi. J’ai eu droit à une leçon de morale. Toujours la même. Avant d’être dépensé, l’argent doit être gagné honnêtement. Honnêtement ! Faites-moi rire ! Le vieux était un véritable requin en affaire. Aucune pitié. Mais croyez-moi, je n’ai pas tué le vieux.

-Etiez-vous au courant qu’il voulait vous déshériter ?

-Je savais qu’il avait fait un testament, mais je ne savais pas que j’en étais le bénéficiaire, encore moins qu’il voulait me déshériter. Et au profit de qui ?

-Je ne saurais vous le dire. Il s’agissait d’une lettre à son notaire mais il n’a pas spécifié le nouveau bénéficiaire.

-Je suis sûr que… »

 

*

 

Le majordome interrompit la discussion. Il déclara : « M.le Commissaire, vous êtes demandé au téléphone par la police de Bodmin. »

« Midw…ici…Wyatt…mauvaise nouvelle…impossible d’amener…renforts

-Ecoutez, Wyatt…Wyatt, vous m’entendez ? »

Les grésillements et les coupures rendaient la discussion plus que difficile. Midwall ne savait pas quelle manière utiliser bien se faire comprendre. Il se résigna à répéter jusqu’à en recevoir l’écho.

-Vous m’enten… ?

-Oui, je…entends…coupures…Devrez…sans nous…désolé…entendez…déso… »

Un cri éclata au premier étage suivi de ce qui semblait être un appel au secours.

 

*

 

Il ne fallut pas longtemps à Midwall pour comprendre qu’un nouveau drame venait de se produire. Il raccrocha le téléphone et se précipita vers l’escalier, maudissant cette nuit sans fin.

Atteignant la dernière marche, il se figea, déconcerté.

« Ce n’est pas possible ! Qu’est-ce que… 

-Mais que se passe-t-il ? Que se passe-t-il ? Dites-le moi ! »

La voix autoritaire d’une femme âgée résonnait dans le couloir, entrecoupée par des coups de canne intempestifs.

Midwall, préoccupé, n’y fit pas attention.

Un corps était allongé sur le sol dans une posture étrange. Une femme aux yeux écarquillés remplis d’effroi. Les marques qu’elle portait sur le cou suggéraient une mort par strangulation. Sa tenue soignée et ses cheveux blancs permanentés n’évoquaient pas une domestique.

On se croirait dans un mauvais roman, songea le policier.

« On ne peut jamais être tranquille ici ! Ce n’est pas possible, s’exclama William Ellroy sortant de sa chambre. Qu’est-ce-que vous …. Nous voilà bien ! Encore un mort ! Cette maison est maudite ; ce ne sont pas des fantômes qui hantent les lieux mais des cadavres. Quelle farce ! Tiens, mais c’est cette vieille peau de nourrice ! Bon débarras ! »

Sifflotant, il fit demi-tour et claqua sa porte derrière lui.

 

 

1* Tas de fumier

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 16:42
Happy Halloween !

 

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Published by Bertrand - dans Divers
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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 13:49

 

Le majordome sortit du salon quand il fut interpellé par Midwall. Son regard était rempli, non d’inquiétude, mais de mécontentement.

« Je dois tout faire dans cette maison. Mrs Fortew a été incapable de s’occuper correctement des invités.

-Du pasteur Lawrence et de Monsieur…

-M.Ford.

-M.Ford. On m’a dit que vous êtes allé voir la victime plusieurs fois dans son bureau. Est-ce exact ?

-Oui mais je ne vois pas en quoi cela concerne le meurtre de Monsieur. Il était encore en vie quand je l’ai quitté. Et en forme.

-Que voulez-vous dire par en forme ?

-Ce que je veux dire c’est que, Monsieur ne trouvait pas sa pipe et il m’avait chargé de la retrouver, je n’ai pas réussi à remettre la main dessus. Ce qui est étrange. Monsieur ne s’en séparait jamais. Quand je suis revenu lui dire que la pipe était introuvable, il ne l’a pas supporté. Il m’a dit Philip vous m’avez déçu. Mais Monsieur était tout de même quelqu’un de très bon. Jamais il ne disait un mot de travers. C’était un homme très respectable et respecté. Il m’a ensuite chargé de faire venir son fils.

-Vous a-t-il dit pour quel motif ?

-Non, mais il semblait encore de plus mauvaise humeur.

-Oui, je comprends. J’ai entendu dire qu’il était plutôt sévère et qu’il s’emportait facilement. Mrs Edwards me l’a certifié. Mais je ne crois pas qu’il soit nécessaire de me dire que vous détestez Mrs Edwards. Elle me l’a bien fait comprendre. »

Le majordome se mit à penser Cette vieille rombière finira par me rendre fou.

 

Le pasteur Lawrence était quelqu’un de tout à fait amical et plaisant. Il fit de son mieux pour aider le policier. Les quelques détails qu’il donnait n’était pas d’une grande utilité, mais Midwall n’en satisfit. Il ne connaissait pas vraiment George Ellroy. Il avait été même surpris de recevoir une invitation. Une invitation protocolaire, finit-il par lâcher.

Il se tourna vers Cole Ford, occupé à regarder le feu de la cheminée.

« Nous sommes restés, les deux, dans le petit salon, en attendant le dîner…mais, M.Ford s’est absenté un petit moment, pour…pour aller dans la salle de bain.

-M.le Pasteur a raison. Je me suis absenté, juste pour des… affaires personnelles, disons. 

-Je vois parfaitement ce que vous voulez dire. Quels étaient vous rapports avec la victime ?

-Nous étions des partenaires. Nous avons fondé notre banque tous les deux. La Ellroy&Ford Bank.

-Et en quoi consistait votre travail ?

-En fait, pas grand-chose. Mais j’étais bien payé. M.Ellroy prenait les décisions, mais cela me paraissait normal. Il s’y connaissait plus que moi. Il avait dépensé pas mal d’argent, plus que moi. C’est pourquoi je l’ai laissé gérer la banque.

-Et sa mort vous permet de prendre seul les décisions.

-Oui, c’est vrai. Mais….

-M.Ford ?

-Je ne sais pas, c’est peut-être une idée ; mais M.Ellroy me paraissait préoccupé la dernière fois que je l’ai vu.

-Quand était-ce ?

-Il y a deux jours. A la banque. Il m’a dit qu’il souhaitait modifier son testament. Il voulait déshériter son fils. Et voilà qu’il est mort. Je ne sais pas comment je vais faire pour gérer la banque. Nous allons tous le regretter.

-Oui, quelle lourde perte ! compatit le Pasteur en soupirant. 

-Je suis au courant pour le testament. Il écrivait à son notaire quand il a été tué. Connaissez-vous le bénéficiaire de ce nouveau testament ?

-Non, je suis désolé. Comment le pourrais-je ?

-En effet, comment le pourriez-vous. »

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 09:32

Les deux sorcières

 

Deux sorcières débattaient une nuit

De qui des deux était la meilleure.

Chacune prétendait ainsi

Pouvoir jeter sortilèges et malheurs.

« Sans même un grimoire, raconta la première

Je peux invoquer les pires démons

Changer un cœur en pierre

Et le plus beau des parfums en un mortel poison. »

L'autre répondit :« Ce serait un miracle

De vous voir réussir.

Mais pas même un oracle

N'arriverait à le prédire.

Mes enchantements peuvent transformer

Le plus sot des loups

En un renard rusé

Et le chien le plus doux

En une bête enragée. »

Seul un défi

Pouvait les départager.

Ce qui était écrit

Finit par arriver.

A force de maléfices et d'incantations

Elles se transformèrent en citrouille et potiron.

 

Moralité :

 

La prétention est une mauvaise idée

Cette histoire vous l'a racontée.

 

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Published by Bertrand - dans Fable
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23 octobre 2016 7 23 /10 /octobre /2016 11:29

 

Le majordome avait une nouvelle fois remplacé Mrs Fortew auprès des deux invités. Midwall jugea opportun de l’interroger dès qu’elle sortit du petit salon. Elle sourit à peine quand le sergeant se présenta à elle. Elle parut peu bavarde mais le peu qu’elle dit se révéla bien utile.

« Mrs Fortew, Monsieur Ellroy se trouvait dans son bureau en fin d’après-midi ; avez-vous vu quelque chose d’inhabituel ?

-Non. Rien. Mis à part que Philip est allé voir le Maître.

-Quelle heure était-il ?

-Je ne saurais vous le dire. Mais le Maître semblait furieux.

-Pour quelle raison ? »

La domestique parût choquée.

« Je ne suis pas du genre à écouter aux portes. Je suis allée voir Mrs Ellroy dans ses appartements, pour avoir son avis sur le dîner.

-Et ensuite ?

-Ensuite, je suis retournée en cuisine pour aider Mrs Edwards.

-Monsieur Ellroy était-il toujours aussi…furieux envers le majordome quand vous êtes partie ?

-Oui. Mais pas contre Philip. Contre son fils. Et je n’ai rien entendu…enfin, ce que je veux dire, c’est ce que je n’ai pas fait attention à ce qu’ils se disaient. De toute façon, cela ne me regardait pas.

-Je comprends, Mrs Fortew. Je vous remercie. »

 

En repartant vers le petit salon, il croisa un jeune homme mal habillé et particulièrement boueux. Il était de grande taille et assez séduisant, sous toute cette saleté. Il avait le sourire sur le bout des lèvres. Midwall en déduisit – ce n’était pas si difficile que cela – qu’il s’agissait du jardinier.

« Sergeant Midwall. Vous devez être le jardinier, je présume.

-Oui, je suis le jardinier. Je m’appelle Marvin Harley. J’ai appris que M.Ellroy était mort.

-En effet. Qui vous appris cela ?

-Tout se sait rapidement ici. Mais si vous voulez le savoir ; je l’ai appris par Mrs Edwards, la cui…

-La cuisinière, je sais. Vous ne semblez pas bouleversé par sa mort.

-Pourquoi le serais-je ? Ce n’était qu’un vieux râleur, jamais satisfait et qui payait mal en plus.

-S’il vous payait mal, pourquoi travailler ici ?

-Où voulez-vous que je trouve un travail ? Quitter le manoir…c’est à vos risques et périls.

-A vos risques et périls ?

-Il avait la main longue, le Maître. Il pouvait détruire la carrière d’un homme en un seul claquement de doigts. C’est ce qui a permis à son cr…à son fils de ne jamais finir en prison. Il sait, enfin, il savait utiliser son influence.

-Oui, je suis au courant. Où étiez-vous vers huit heures ?

-Vous m’accusez d’avoir tué le Maître ? C’est bien mon jour ! Mais je vais tout de même vous le dire. Nu-lle-part. J’étais tout seul. Parfaitement seul. Et je n’ai rien à me reprocher.

-A vous reprocher ?

-Je sais ce que vous vous dites. Mais je n’ai rien fait.

-Vous pourrez donc m’expliquer certaines choses. J’ai découvert dans le nez de M.Ellroy des feuilles de basilic.

-Du basilic ? Je ne comprends pas ce que j’ai à voir avec cela.

-Vous êtes le jardinier. Je pensais que vous pourriez me dire ce que cela peut signifier pour vous.

-Pour moi ? La bonne blague ! Le basilic…on s’en sert pour cuisiner, ou…c’est peut-être une histoire de symbolisme.

-De…symbolisme ?

-Toutes les plantes ont une signification. Le basilic signifie le mépris. Selon moi, votre meurtrier haïssait assez le Maître, pour faire cela. Vous ne croyez pas, Sergeant  ? »

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22 octobre 2016 6 22 /10 /octobre /2016 20:12

 

Sous sa couverture

L'enfant apeuré

Se protège de ses cauchemars

 

 

 

Dîner aux chandelles -

Les larmes de la jeune femme

A la bague

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Published by Bertrand - dans Haïku Senryû
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16 octobre 2016 7 16 /10 /octobre /2016 20:06

 

Le majordome conduisit le sergeant Midwall jusqu’à la cuisine, empruntant un dédale de couloirs et corridors. Midwall prit soin de repérer chaque détail des lieux, pour ne pas se perdre. Il pourrait toujours demander au majordome de l’accompagner. Ou s’abstenir.

La cuisine se révéla plus grande qu’il ne l’avait imaginée, et d’un ordre méticuleux. Un escalier en colimaçon permettait d’accéder aux chambres des domestiques. Une porte fraîchement repeinte frémissait sous l’effet de la tempête.

Miss Stana était assise près du fourneau. Elle murmurait quelques mots – peut-être dans sa langue maternelle – qui restaient pour le moins incompréhensibles. La cuisinière, Mrs Edwards tentait de la calmer.

« Il serait grand temps que Miss Stana reprenne ses esprits, critiqua le majordome. Le sergeant Midwall voudrait lui poser quelques questions sur le meurtre de Monsieur.

-Vous et votre délicatesse de majordome, rétorqua la cuisinière. Vous n’êtes qu’un simple employé. Inutile de prendre vos grands airs !

-Vous êtes trop aimable, feinta-t-il. Je m’en souviendrai. »

Le sergeant adressa ses remerciements à Philip et l’autorisa à retourner auprès des invités.

« Nous voilà enfin débarrassés de ce vieux grincheux, soupira Mrs Edwards. »

Midwall dévisagea cette femme au franc parler. Ses cheveux étaient tirés en arrière et rassemblés en un chignon serré. Son caractère bien trempé se reflétait sur son visage énergique, et son regard strict.

« Vous êtes Mrs…

-Mrs Edwards. Nita Edwards. Je suis la cuisinière de la famille Ellroy depuis de nombreuses années. Je ne sais plus depuis combien de temps…Oh ! Ça doit faire une bonne vingtaine d’années. Si j’avais pu imaginer ce qui allait se passer…J’étais ici à préparer le dîner depuis au moins deux heures, avec Mrs Fortew et Stana.

-Je vous demande pardon, mais qui est Mrs Fortew ?

-Angela Fortew est l’une des domestiques. Avec Miss Stana.

-Et donc vous prépariez le dîner…

-Oui. J’étais ici quand on m’a prévenu de la mort de M.Ellroy.

-Prévenu ? Qui vous a prévenu ?

-Miss Stana. Enfin presque. »

Midwall était dubitatif. Il ne comprenait pas. Pas vraiment.

« Je ne comprends pas.

-Oh ! Excusez-moi. Je me suis mal exprimée. Quand elle, Miss Stana je veux dire, est venue ici tout affolée. Elle m’a dit que quelqu’un était mort. Enfin j’ai compris que quelqu’un était mort. Et qu’il s’agissait de M.Ellroy.

-Que pensez-vous de lui ? De M.George Ellroy, je veux dire.

-Pas mieux que les autres. Un caractère intransigeant et autoritaire. Il n’était aimé de personne. A commencer par son fils. Ils se disputaient constamment. Il faut dire que le fiston n’est pas facile à vivre. Toujours à faire les quatre cents coups. Il s’est même fait arrêter plusieurs fois par la police, c’est vous dire !

-Pourtant, il n’a pas été inquiété.

-Parce que son père le sortait toujours d’affaire, pour éviter le scandale. Même ses relations avec Mrs Ellroy-Duchamp…

-Mrs ?

-C’est sa mère. Alicia Ellroy-Duchamp. Elle quitte rarement sa chambre et elle est toujours en compagnie de Mrs Rooney, l’ancienne nourrice de la famille. J’ai entendu dire que c’est elle qui est propriétaire du manoir, depuis la mort de son époux. Elle n’a jamais accepté le second mariage de son fils. Il faut dire que sa belle-fille est une…profiteuse, une…

-Une arriviste ?

-Oui, une arriviste. Elle est bonne comédienne, vous savez. Elle fait croire à tout le monde qu’elle l’aime mais en fait, elle l’a épousé pour son argent. Excusez-moi, mais la cuisine n’attend pas. »

Midwall ne sut quoi dire sur le moment. Puis, se tournant vers la jeune Stana, il demanda à cette dernière, avec un ton compatissant, de répondre à quelques questions. Elle accepta de répondre du mieux qu’elle pourrait.

« Miss Stana, je sais que vous vivez des moments difficiles mais pouvez-vous me raconter le déroulement des évènements de ce soir ?

-Je voulais prévenir M.Ellroy que le dîner allait être servi. Il fallait qu’il soit prêt pour 8 heures. Il était très à cheval sur les horaires. Il n’acceptait aucun retard.

-Et si cela arrivait ?

-Oh ! Mon Dieu ! Il vaut mieux ne pas y penser. Il faut dire que le maître n’avait aucune patience. Il pouvait se mettre en colère si l’on avait le malheur de le faire attendre. Il ne fallait surtout pas chercher d’excuse sous peine de perdre sa place.

-J’ai frappé plusieurs fois à la porte du bureau pendant cinq bonnes minutes mais je n’ai pas entendu de réponse. Alors je suis entrée et c’est là que j’ai vu…que je l’ai vu, dans son fauteuil... »

Stana se remit aussitôt à pleurer.

 

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