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20 novembre 2016 7 20 /11 /novembre /2016 13:38

 

 

          Le corps de Mrs Rooney avait été déposé dans sa chambre. Midwall descendit les premières marches de l’escalier quand il fut interpellé par Mrs Ellroy-Duchamp. Le bruit de la canne frappant le sol résonnait dans le couloir, accompagné de quelques mots agacés.

Son appartement donnait une impression grande classe avec son tapis oriental, ses bibelots, ses napperons en fine dentelle, et les photos jaunies dans leur cadre doré, souvenirs de sa jeunesse.

Mrs Duchamp était assise dans un rocking-chair près de la fenêtre donnant sur le parc.

 « Vous voulez me voir, Mrs ?

-A votre avis ? »

Ces quelques mots firent comprendre à Midwall que discuter avec la vieille dame risquait de ne pas être une partie de plaisir. Cette dernière le regarda un instant puis se tourna vers la fenêtre.

« De mon temps, les policiers étaient mieux habillés que cela. Et plus sérieux. Cela fait plusieurs fois que je vous appelle, vous ne m’avez pas entendue ?

-Si, Mrs. Je vous ai parfaitement entendue.

-La bonne éducation se perd. Bon, ce n’est pas pour cela que je vous ai fait appeler. Le majordome m’a appris que Felicia était morte.

-Euh…Oui. Elle a été assassinée.

-Assassinée ? Tiens donc. Cette garce avait le culot de tromper mon fils. Avec le jardinier. Vous vous demandez comment je le sais. Ce n’est pas parce que je suis une vieille femme, que je ne sais rien. Je sais tout ce qui se passe ici. Ils se faisaient les yeux doux. Un jardinier qui emprunte le couloir, ce n’est pas pour arroser les plantes. Vous voyez ce que je veux dire et j’espère que vous ferez le nécessaire.

-Je ne peux pas faire grand-chose. Rien n’interdit d’avoir une aventure.

-Je pense que si. J’exige que vous me débarrassiez de lui. Par tous les moyens. Trouvez un prétexte. Mais je ne veux plus le voir ici. Vous comprenez ?

-Je vais essayez…

-Essayer ? On n’essaye pas ici. On fait. Vous comprenez ?

-Je comprends parfaitement. J’espère que l’on vous a prévenu pour les autres.

-Les autres quoi ? Ah ! Vous parlez des autres décès. Ce manoir est un véritable champ de bataille et vous n’avez pas réussi à empêcher cela. Si vous faisiez parfaitement votre travail, cela ne se serait pas produit. »

Elle s’arrêta un moment. Elle continua d’une voix plus posée. Plus tremblante.

« Ma pauvre Mary. Une véritable tragédie que de la perdre. Elle savait s’occuper de moi. Elle me prêtait attention. Ce n’est pas comme ces incapables qui m’ignorent. Que Dieu ait son âme. Ma chère Mary. Personne ne pourra la remplacer. Elle était la nourrice de la famille, vous le saviez sans doute. Elle a élevé cet ingrat de William. Toujours prêt à dilapider l’argent de la famille. Je regrette qu’il soit né. Un véritable désastre, cet enfant. Mary a tenté de l’éduquer correctement et voyez le résultat. Ce fut un échec. Il lui tenait tête. On l’a corrigé plusieurs fois mais sans succès. Quand on manque de discipline, il faut frapper fort, n’est-ce pas ?

-Oui…je…

-Mais ma pauvre enfant…Que le Diable emporte celui qui l’a tuée !

-Celui ? Vous pensez qu’il s’agit d’un homme ?

-Oui, c’est un homme. J’ai de l’instinct et une vue suffisante pour voir ce qu’il se passe dans le couloir.

-Vous pensez à qui ?

-A vous de le trouver. Je ne vais pas vous mâcher tout le travail. Vous êtes un policier. C’est à vous de le découvrir. »

Elle se tut aussitôt. Quelques secondes passèrent quand elle s’agaça de nouveau.

« Vous êtes encore là ? Vous croyez que c’est en restant ici que vous trouverez l’assassin. Et vous êtes de la police ? Mon Dieu ! »

 

*

 

Midwall souhaita immédiatement s’entretenir avec Marvin Harley, le jardinier. Il demanda à Philip, le majordome de le prévenir. Ce dernier eut un sourire forcé comme réponse.

Marvin n’avait pas pris la peine de se changer. Avec désinvolture, il s’assit dans un des fauteuils et sortit une cigarette.

« Vous voulez me parler ?

-Je souhaitais vous parler de Mrs Felicia Ellroy. Elle a été assassinée.

-Assassinée.Felic…Mrs Ellroy. Non ! Mais pourquoi ?

-Je vous le demande.

-Moi ? Mais je…je n’ai rien fait. Ce n’est pas possible !

-Vous avez un mobile pourtant.

-Un mobile ? Quel mobile ?

-Vous l’aimiez. Vous l’aimez toujours. Mais elle ?

-Qu’est-ce que vous me chantez là ? C’est n’importe quoi ! Je n’ai aucune aventure avec elle.

-Si. J’en ai la preuve. J’ai trouvé une lettre que vous lui avez écrite, il y a quelques semaines et qu’elle a conservée. Vous voulez que je vous la lise ?

-Ce n’est pas nécessaire. Nous nous aimions, confessa Harley. Depuis le premier jour. Nous avons tout fait pour garder notre amour secret. Bien sûr, il nous arrivait de nous quereller mais nous ne pouvions vivre l’un sans l’autre. Personne n’était au courant. Personne. Mis à part cette vieille bonne femme.

-Vous voulez parler de Mrs Ellroy-Duchamp ?

-Oui. Veuillez m’excusez, mais je n’ai plus rien à vous dire. J’ai du travail à faire.

-Encore une chose. Mrs Rooney a également été assassinée.

-Mais qu’est-ce que vous me chantez-la ? Vous me dites que Felicia est morte et maintenant vous me dites que c’est Mrs Rooney.

-Elle a également été assassinée.

-Et que voulez-vous que je vous dise ?

-Vous ne semblez pas tellement affecté par sa mort.

-Je ne l’appréciais pas, elle non plus…Mais cela ne veut pas dire que je l’ai tuée. Si vous avez fini…

-On a retrouvé une châtaigne sur le corps de Mrs Ellroy. En plus du basilic retrouvé sur son mari. Cela doit bien avoir une signification particulière. »

Laquelle ? se demanda-t-il, Mrs Duchamp….

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19 novembre 2016 6 19 /11 /novembre /2016 14:11

Au fond du lit

Je fais la marmotte -

Bien au chaud

 

 

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Published by Bertrand - dans Senryû
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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 20:05

 

Pour ne pas oublier...

 

 

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Published by Bertrand - dans Hommage
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13 novembre 2016 7 13 /11 /novembre /2016 20:04

 

« Qui a crié ? Mon Dieu, mais c’est Mrs Rooney ! »

Philip regarda Midwall d’un air troublé.

-Qui était Mrs Rooney ?

-C’était la nourrice de la famille. Puis elle est devenue la dame de compagnie de Mrs Ellroy-Duchamp, la mère de feu M.Ellroy. Que lui est-il arrivé ?

-Elle a été étranglée.

-Etranglée ? Seigneur Dieu ! Qui a pu commettre un tel acte ? C’est affreux !

-S’il vous plaît, M.Philip, avez-vous croisé quelqu’un en venant de…D’où veniez-vous, au fait ?

-Je venais de la cuisine. Mais si je peux me permettre, il faudrait prévenir Mrs Ellroy-Duchamp...ainsi que Mrs Ellroy.

-Il est curieux que toute cette agitation n’ait pas intrigué Mrs Ellroy. Elle s’était retirée dans sa chambre depuis la mort de son époux, je crois. Je vais l’interroger. Elle pourra peut-être me fournir des informations. Quant à cette Mrs Ellroy-Duchamp, je préfère la voir plus tard. »

 

Harry Midwall suivit le majordome jusqu’à la chambre de Mrs Ellroy. Philip frappa plusieurs fois à la porte. Pas de réponse.

« Ce n’est pas normal, s’inquiéta-t-il. A moins que Madame n’ait pris un somnifère…Mais tout de même, c’est étrange… »

Le Commissaire entra dans la chambre, le majordome sur ses pas. Il appuya sur l’interrupteur. Mrs Ellroy semblait dormir. Il s’approcha du lit. Elle était immobile, le visage figé. Un coussin avait été placé à côté d’elle, bien en évidence et une châtaigne était posée sur sa poitrine.

« Elle est morte, M.Philip. »

Philip parût perturbé. Même s’il avait vainement tenté de n’en rien laisser paraître.

Midwall fit signe au majordome de sortir et de ne pas souffler mot aux autres. Il regarda autour de lui, réfléchissant à ce qui venait de se produire. Mrs Ellroy venait d’être étouffée. Pour un mobile qu’il ne connaissait pas encore.

Il ne put détacher, un court instant, ses yeux de la victime. Elle était d’une grande beauté, encore jeune ; beaucoup plus que son mari. Ses cheveux blonds restaient étrangement peignés. Son visage avait gardé les traces d’un maquillage soigné.

Le luxe de sa chambre supposait qu’elle profitait grandement de la richesse de son mari. William Ellroy avait sans doute raison à ce sujet. Ce n’était pas un mariage d’amour. Quoique. Sur un des murs, était accroché un tableau. Un Rembrandt. Il se demanda combien il pouvait coûter. Une fortune, certainement. Un secrétaire, de style victorien, juste à côté de la fenêtre, attira l’attention de Midwall. Rien ne paraissait avoir été déplacé.

Midwall fouilla les tiroirs. Des papiers de toutes sortes, des factures de bijouterie, de magasins de vêtements ou de chaussures. Rien de bien intéressant. Dans un des tiroirs qu’il eut beaucoup de mal à ouvrir – il trouva une boîte contenant des bijoux. Un collier de perles, plusieurs paires de boucles d’oreilles en or et des bagues serties de pierres précieuses.

Ce n’est pas une histoire de vol. Pour quelle raison, alors ? pensa le Commissaire.

Il remarqua que la boîte avait un double-fond. Un petit mécanisme permettait de l’ouvrir. Une lettre. Il la déplia et lut les premières lignes. Aussitôt, il comprit.

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11 novembre 2016 5 11 /11 /novembre /2016 14:40

 

Dans sa tranchée

Le soldat a peur -

Va-t-il revenir ?

 

*

 

Une fleur a poussé

Sur cette plaine cabossée -

Ah ! L'espoir !

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Published by Bertrand - dans Haïku Senryû
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8 novembre 2016 2 08 /11 /novembre /2016 23:05
Humour : les élections américaines

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Published by Bertrand - dans Humour Le Mégaphone
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6 novembre 2016 7 06 /11 /novembre /2016 13:18

 

 

 

William Ellroy avait tout du provocateur. Arrogant et insolent de surplus. Allongé sur son lit, il leva à peine les yeux quand Harry Midwall pénétra dans sa chambre.

« Je suis…

-Je sais. Vous êtes le sergeant Midwall. Je n’ai pas arrêté d’entendre parler de vous en cuisine. Le moins que l’on puisse dire, c’est que vous leur avez fait une forte impression. Je pense que vous voulez me poser des questions sur la mort du vieux. C’est bien pour cela que vous êtes venu me voir, non ? Allez-y, je n’ai rien à cacher.

-Où étiez-vous quand votre père est mort, vers huit heures ?

-Je ne sais pas. Dans ma chambre, je présume.

-Vous présumez ?

-Je n’ai pas l’œil collé sur ma montre ! Je me suis un peu baladé dans le manoir. Je suis resté un moment dans la bibliothèque, à la recherche d’un livre.

-Lequel ?

-Je ne vous suis pas.

-Quel livre avez-vous cherché ?

-Un livre d’Edgar Allan Poe. Le…le Triomphe d’un taxidermiste. Et je suis remonté dans ma chambre.

-Quels rapports entreteniez-vous avec votre père ?

-Avec mon vieux ? Il me détestait, je le détestais. C’est aussi simple que cela. Son mariage avec ma folle de belle-mère n’a rien arrangé. Si vous voulez mon avis, c’était une véritable erreur de se marier avec elle.

-Parce que c’est une arriviste ?

-Vous me semblez parfaitement au courant, Commissaire. C’est une profiteuse. Je suis sûr qu’elle a épousé mon père pour l’argent.

-Pourtant, son argent vous a été toujours bien utile. Il vous a sorti d’affaire à chaque fois, je crois.

-Cela n’a rien à voir, Sergeant Mid…den1*.

-Midwall.

-Sergeant Midwall, il tenait trop à l’honneur de la famille.

-A mon avis, c’est à ce sujet qu’il vous a fait venir dans son bureau.

-Vous êtes au courant de cela, aussi. J’ai eu droit à une leçon de morale. Toujours la même. Avant d’être dépensé, l’argent doit être gagné honnêtement. Honnêtement ! Faites-moi rire ! Le vieux était un véritable requin en affaire. Aucune pitié. Mais croyez-moi, je n’ai pas tué le vieux.

-Etiez-vous au courant qu’il voulait vous déshériter ?

-Je savais qu’il avait fait un testament, mais je ne savais pas que j’en étais le bénéficiaire, encore moins qu’il voulait me déshériter. Et au profit de qui ?

-Je ne saurais vous le dire. Il s’agissait d’une lettre à son notaire mais il n’a pas spécifié le nouveau bénéficiaire.

-Je suis sûr que… »

 

*

 

Le majordome interrompit la discussion. Il déclara : « M.le Commissaire, vous êtes demandé au téléphone par la police de Bodmin. »

« Midw…ici…Wyatt…mauvaise nouvelle…impossible d’amener…renforts

-Ecoutez, Wyatt…Wyatt, vous m’entendez ? »

Les grésillements et les coupures rendaient la discussion plus que difficile. Midwall ne savait pas quelle manière utiliser bien se faire comprendre. Il se résigna à répéter jusqu’à en recevoir l’écho.

-Vous m’enten… ?

-Oui, je…entends…coupures…Devrez…sans nous…désolé…entendez…déso… »

Un cri éclata au premier étage suivi de ce qui semblait être un appel au secours.

 

*

 

Il ne fallut pas longtemps à Midwall pour comprendre qu’un nouveau drame venait de se produire. Il raccrocha le téléphone et se précipita vers l’escalier, maudissant cette nuit sans fin.

Atteignant la dernière marche, il se figea, déconcerté.

« Ce n’est pas possible ! Qu’est-ce que… 

-Mais que se passe-t-il ? Que se passe-t-il ? Dites-le moi ! »

La voix autoritaire d’une femme âgée résonnait dans le couloir, entrecoupée par des coups de canne intempestifs.

Midwall, préoccupé, n’y fit pas attention.

Un corps était allongé sur le sol dans une posture étrange. Une femme aux yeux écarquillés remplis d’effroi. Les marques qu’elle portait sur le cou suggéraient une mort par strangulation. Sa tenue soignée et ses cheveux blancs permanentés n’évoquaient pas une domestique.

On se croirait dans un mauvais roman, songea le policier.

« On ne peut jamais être tranquille ici ! Ce n’est pas possible, s’exclama William Ellroy sortant de sa chambre. Qu’est-ce-que vous …. Nous voilà bien ! Encore un mort ! Cette maison est maudite ; ce ne sont pas des fantômes qui hantent les lieux mais des cadavres. Quelle farce ! Tiens, mais c’est cette vieille peau de nourrice ! Bon débarras ! »

Sifflotant, il fit demi-tour et claqua sa porte derrière lui.

 

 

1* Tas de fumier

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31 octobre 2016 1 31 /10 /octobre /2016 16:42
Happy Halloween !

 

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Published by Bertrand - dans Divers
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30 octobre 2016 7 30 /10 /octobre /2016 13:49

 

Le majordome sortit du salon quand il fut interpellé par Midwall. Son regard était rempli, non d’inquiétude, mais de mécontentement.

« Je dois tout faire dans cette maison. Mrs Fortew a été incapable de s’occuper correctement des invités.

-Du pasteur Lawrence et de Monsieur…

-M.Ford.

-M.Ford. On m’a dit que vous êtes allé voir la victime plusieurs fois dans son bureau. Est-ce exact ?

-Oui mais je ne vois pas en quoi cela concerne le meurtre de Monsieur. Il était encore en vie quand je l’ai quitté. Et en forme.

-Que voulez-vous dire par en forme ?

-Ce que je veux dire c’est que, Monsieur ne trouvait pas sa pipe et il m’avait chargé de la retrouver, je n’ai pas réussi à remettre la main dessus. Ce qui est étrange. Monsieur ne s’en séparait jamais. Quand je suis revenu lui dire que la pipe était introuvable, il ne l’a pas supporté. Il m’a dit Philip vous m’avez déçu. Mais Monsieur était tout de même quelqu’un de très bon. Jamais il ne disait un mot de travers. C’était un homme très respectable et respecté. Il m’a ensuite chargé de faire venir son fils.

-Vous a-t-il dit pour quel motif ?

-Non, mais il semblait encore de plus mauvaise humeur.

-Oui, je comprends. J’ai entendu dire qu’il était plutôt sévère et qu’il s’emportait facilement. Mrs Edwards me l’a certifié. Mais je ne crois pas qu’il soit nécessaire de me dire que vous détestez Mrs Edwards. Elle me l’a bien fait comprendre. »

Le majordome se mit à penser Cette vieille rombière finira par me rendre fou.

 

Le pasteur Lawrence était quelqu’un de tout à fait amical et plaisant. Il fit de son mieux pour aider le policier. Les quelques détails qu’il donnait n’était pas d’une grande utilité, mais Midwall n’en satisfit. Il ne connaissait pas vraiment George Ellroy. Il avait été même surpris de recevoir une invitation. Une invitation protocolaire, finit-il par lâcher.

Il se tourna vers Cole Ford, occupé à regarder le feu de la cheminée.

« Nous sommes restés, les deux, dans le petit salon, en attendant le dîner…mais, M.Ford s’est absenté un petit moment, pour…pour aller dans la salle de bain.

-M.le Pasteur a raison. Je me suis absenté, juste pour des… affaires personnelles, disons. 

-Je vois parfaitement ce que vous voulez dire. Quels étaient vous rapports avec la victime ?

-Nous étions des partenaires. Nous avons fondé notre banque tous les deux. La Ellroy&Ford Bank.

-Et en quoi consistait votre travail ?

-En fait, pas grand-chose. Mais j’étais bien payé. M.Ellroy prenait les décisions, mais cela me paraissait normal. Il s’y connaissait plus que moi. Il avait dépensé pas mal d’argent, plus que moi. C’est pourquoi je l’ai laissé gérer la banque.

-Et sa mort vous permet de prendre seul les décisions.

-Oui, c’est vrai. Mais….

-M.Ford ?

-Je ne sais pas, c’est peut-être une idée ; mais M.Ellroy me paraissait préoccupé la dernière fois que je l’ai vu.

-Quand était-ce ?

-Il y a deux jours. A la banque. Il m’a dit qu’il souhaitait modifier son testament. Il voulait déshériter son fils. Et voilà qu’il est mort. Je ne sais pas comment je vais faire pour gérer la banque. Nous allons tous le regretter.

-Oui, quelle lourde perte ! compatit le Pasteur en soupirant. 

-Je suis au courant pour le testament. Il écrivait à son notaire quand il a été tué. Connaissez-vous le bénéficiaire de ce nouveau testament ?

-Non, je suis désolé. Comment le pourrais-je ?

-En effet, comment le pourriez-vous. »

 

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25 octobre 2016 2 25 /10 /octobre /2016 09:32

Les deux sorcières

 

Deux sorcières débattaient une nuit

De qui des deux était la meilleure.

Chacune prétendait ainsi

Pouvoir jeter sortilèges et malheurs.

« Sans même un grimoire, raconta la première

Je peux invoquer les pires démons

Changer un cœur en pierre

Et le plus beau des parfums en un mortel poison. »

L'autre répondit :« Ce serait un miracle

De vous voir réussir.

Mais pas même un oracle

N'arriverait à le prédire.

Mes enchantements peuvent transformer

Le plus sot des loups

En un renard rusé

Et le chien le plus doux

En une bête enragée. »

Seul un défi

Pouvait les départager.

Ce qui était écrit

Finit par arriver.

A force de maléfices et d'incantations

Elles se transformèrent en citrouille et potiron.

 

Moralité :

 

La prétention est une mauvaise idée

Cette histoire vous l'a racontée.

 

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Published by Bertrand - dans Fable
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