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28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 13:50

 

En secouant la branche

J’ai fait tomber

Une pluie de châtaignes.

 

 

Les feuilles jaunissent

Parfois, elles tombent –

Histoires d’automne

 

 

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Published by Bertrand - dans Haïku Senryû
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25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 14:54

 

Peu avant huit heures, Philip vint chercher les invités au petit salon afin de les conduire à la salle à manger. Il fallait traverser l’immense entrée, puis un long couloir décoré de tableaux représentant la dynastie des Ellroy et quelques chefs-d’œuvre d’art contemporain. Il y avait une petite porte, peu avant le couloir, qui menait près de l’escalier. Elle s’ouvrit brusquement, avec grincements et violence. Le vent s’engouffra dans la pièce. Un jeune homme, la vingtaine, entra. Il portait une salopette bleue usée, ainsi que des gants. Ses bottes qu’il avait au pied suintaient à chaque pas. Il s’essuya le visage avec sa manche.

« Bon sang, quel temps ! Un véritable déluge… »

Il remarqua soudain la présence du majordome et des deux invités.

« Excusez-moi, messieurs. Je croyais être seul. Je suis Marvin. Marvin Harley, le jardinier de la famille. »

Le majordome rétorqua d’un air pincé.

« Marvin, je vous prierais la prochaine fois d’utiliser la porte de l’office non celle-ci.

-Philip, ne soyez pas vieux jeu ! Ce n’est pas la première fois que j’entre par cette porte. De toute façon, avec toute cette pluie, je suis assez propre. Mais pour vous faire plaisir, je vais retirer mes bottes.

-Je vous remercie de votre courtoisie, Marvin. Je ne veux pas voir ces horreurs traîner. Rangez-les à leur place et allez aider en cuisine. Au moins, vous serez utile à quelque chose.

-Elles se débrouillent très bien sans moi. Mrs Ellroy a probablement dû vous le dire, je suis invité à dîner avec vous. Vous pouvez aller vérifier auprès d’elle si vous voulez. Mais ce serait une perte de temps. »

Le jardiner se dirigea en chaussettes vers la cuisine en laissant des traces humides sur le sol.

« Je trouve ce jeune homme impoli, fit remarquer Cole Ford. Est-il toujours comme cela ?

-Il adore se faire remarquer. Mais c’est un bon à rien. Il ne sait pas différencier les roses des tulipes. Son père, c’était autre chose. Un excellent jardinier. C’est son fils qui lui a succédé quand il a décidé d’arrêter. C’est bien dommage. »

*

La salle à manger occupait l’aile ouest du manoir. On y accédait par une double porte. La pièce dégageait une impression de confort luxueux dû à l’ameublement raffiné et à la décoration de bon goût. Un lustre magnifique, probablement en cristal, dispensait une clarté rassurante. Le crépitement des bûches dans la cheminée complétait cette sensation de bien-être. Une armure de grande beauté et un bar faisant face à de confortables fauteuils donnaient une touche masculine à l’ensemble.

« Cette pièce est superbe, avoua Cole Ford. Je ne me souvenais plus qu’elle ressemblait à cela.

-C’est parce que M. Ellroy l’a totalement fait redécorer, il y a trois mois, il me semble. C’est Monsieur qui a personnellement choisi les tapis et la décor…»

Un cri vint surprendre les trois hommes. Un cri irrégulier et strident, suivi par des Mon Dieu. Au secours. C’est terrible.

Philip reconnut la voix de Stana.

« Qu’a-t-elle encore ? murmura-t-il. »

Quelqu’un ouvrit brusquement les doubles portes de la salle à manger. La vieille nourrice apparut, le visage livide, complètement paniquée.

« C’est horrible ! M.Ellroy est mort ! »

Personne ne sembla réaliser sur le moment ce qui se passait. Le pasteur regarda Cole Ford, qui regarda le majordome.

« Que me racontez-vous là ?

-M. Ellroy est mort. Stana voulait le prévenir que le dîner allait être servi quand elle l’a découvert mort.

-Mon Dieu, il n’a pas eu le réconfort de Dieu, dans ses derniers instants. Mais où ai-je mis mes cachets, ajouta le Pasteur, d’un air contrarié.

-Il a peut-être eu un malaise. Une crise cardiaque, assura M.Ford.

-Non, monsieur. C’est bien pire. Il…il…

-Reprenez vos esprits, Mrs Rooney, s’agaça Philip, dites-nous ce qu’il s’est passé.

-Oh ! M.Philip. M.Ellroy a été assassiné ! »

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21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 14:07

 

Se promener en forêt

Ecouter le silence

....

Rêver

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Published by Bertrand - dans Poésie Textes courts
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18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 15:12

 

 

Ford tentait de se réchauffer auprès du feu. Il était transi de froid. Son bas de pantalon et une bonne partie de ses chaussettes étaient trempées. Ses chaussures, des souliers vernis, avaient mal supporté la pluie battante.

Miss Stana – c’est ainsi qu’on l’appelait - lui apporta un café. Jeune domestique, elle était affligée d’une grande nervosité. Une beauté, concéda Cole Ford. Son type slave était rehaussé par sa longue chevelure blonde.

Elle laissa échapper quelques éclaboussures du breuvage qui retombèrent sur un plateau en argent. Elle se confondit en excuses, d’une voix bafouillante, à l’accent croate, lui sembla-t-il.

« Ne vous inquiétez pas, Miss ; ce n’est pas grave. »

La jeune domestique le remercia avec soulagement et sortit du petit salon.

Le café était chaud et fort, à son goût. Il le but rapidement par crainte de le voir refroidir. Il posa la tasse sur la table basse et s’assit sur le canapé. Ses effets étaient presque secs. Seul le bas de pantalon restait ininflammable.

Il reprit la tasse et la fit rouler entre ses mains. Il reposa la tasse quand le majordome Philip entra, accompagné d’un vieil homme rondouillard et au crâne dégarni. Ford reconnut une vieille connaissance. Le pasteur Alfred Lawrence. Il avait officié dans de nombreux comtés de Cornouailles et c’était la première fois que Ford le rencontrait depuis une dizaine d’année. Il était toujours de bon ton d’inviter un homme d’église.

Lawrence et Ford se saluèrent. Le majordome commença à faire les présentations, mais M.Ford l’interrompit. Il connaissait le pasteur depuis longtemps.

« Très bien, répondit le majordome. Voulez-vous un café ? Et vous, M.Ford, en reprendrez-vous ? »

Les deux invités refusèrent.

Le pasteur vint s’asseoir à côté de lui. Lawrence était bavard mais sa conversation était intéressante. Il parla de toutes les petites campagnes où il avait officié. Il en avait oublié quelques unes. Il se tut puis reprit la parole.

« Je me souviens d’une bien triste affaire quand j’étais dans un petit village près de St Kew, St Mary…St Mary-Valley. C’était un dimanche, peu avant la messe. Miss Penworth allait fleurir la tombe de ses parents comme toutes les semaines quand elle découvrit le cadavre de la petite Elisa Stown. Une brave gamine discrète qui ne faisait jamais parler d’elle. La pauvre enfant ! A l’époque, cela avait fait tout un raffut dans le village. Tout le monde voulait la venger. La police était sur ses gardes pour éviter qu’un innocent ne se fasse lyncher. Il ne leur a pas fallu longtemps pour arrêter le…disons, le coupable. C’était un petit voyou, connu des environs, qui avait fait le coup. Ils sortaient ensemble. Je ne comprends pas pourquoi les filles sérieuses s’entichent toujours de garçons à problèmes. Ils se sont disputés et cela a mal tourné. Crise de jalousie. Toute cette histoire pour de la jalousie. Je crois qu’il est toujours en prison. Un véritable drame. Mais chacun doit payer pour ses pêchés. Depuis, je n’ai plus jamais remis les pieds à St Mary. J’espère que je ne vous ennuie pas trop avec mon histoire.

-Pas du tout, M. le pasteur. Des histoires comme celle-là arrivent tous les jours. Les journaux en sont remplis. Même les plus sérieux. Vous avez sans doute entendu parler de Sir Henry Shawcross, qui s’est suicidé après avoir perdu sa fortune en bourse.

-Oui, cela a fait grand bruit. Ce triste évènement remonte à quelques mois, je crois.

-Cinq mois, pour être exact. Je connaissais parfaitement bien Sir Shawcross. J’avais traité bon nombre d’affaires avec lui auparavant. Un homme sérieux et intelligent. Je ne comprends toujours pas comment il a pu en arriver là. Il m’avait parlé d’un placement sûr. Une société qui exploitait des gisements de pétrole près des Shetland. La société a fait faillite au bout de cinq semaines. Une escroquerie. Il a tout perdu. Il avait voulu que j’investisse avec lui. J’avais hésité, pourtant il était très convaincant, vous savez. Finalement, je n’ai rien fait. Heureusement pour moi.

-L’argent est source de malheur. Un homme tombe facilement dans la folie quand il cherche à gagner toujours plus d’argent. Une sorte d’accoutumance. Une drogue. Plus d’un en laisse sa fortune.

-Voyez le bon côté des choses, M. le pasteur. On a toujours besoin d’argent.

-Il faut savoir rester raisonnable, M.Ford. Qui du riche ou du pauvre est le plus malheureux ?

-A vrai dire, je ne sais pas. Je pencherais pour le pauvre. J’ai connu la misère, vous vous en rappelez, mais depuis que je suis associé avec George Ellroy, j’ai l’impression d’être plus heureux.  Une seconde chance dans la vie.

-Peut-être mais comme je l’ai déjà dit, le riche risque plus facilement de tomber dans la folie que le pauvre. »

Le pasteur s’interrompit quelques secondes. Il fixa l’horloge. Une horloge décorée de moulures en fer forgé gris brillant. Les aiguilles indiquaient sept heures et demie. La porte s’ouvrit.

« Le dîner sera servi dans une demi-heure. M.Ellroy vous prie d’excuser ce retard. Désirez-vous prendre une boisson en attendant, Messieurs ? demanda le majordome.

-Non, merci Philip, répondit M.Ford. »

Le pasteur Lawrence demanda un verre d’eau.

« Je dois prendre un cachet sinon je risque d’être un bien piètre convive.

-Si vous souhaitez quelque chose, vous pouvez sonner. Je serai dans la cuisine avec les domestiques et la cuisinière. 

-Nous vous rappellerons si nécessaire. Merci Philip. »

« Sommes-nous les seuls invités ce soir ?

-Oui, Monsieur Ford. M. Oliver, le médecin de Monsieur, devait aussi venir mais il a été appelé en urgence, à une cinquantaine de kilomètres d’ici. Cela a beaucoup contrarié Monsieur. »

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17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 21:53

 

Truffre rose

Contre truffe noire -

Flair de cochon

 

 

 

Champignon atomique -

Comme un début

De fin du monde

 

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11 septembre 2016 7 11 /09 /septembre /2016 10:18

 

 

La pluie commença à tomber. Personne n’en fut surpris. Il n’y avait aucun doute là-dessus. Le contraire aurait été surprenant. Les nuages avaient envahi le ciel en début de matinée et les paris – quelle drôle d’idée ! – étaient ouverts pour savoir quand la pluie ferait son apparition.

La journée débuta sous une bruine sans conséquence ; mais la fin de l’après-midi fut bien pire. La tempête s’était décidée à faire son apparition.

Le manoir des Cornwall n’avait, malgré son style victorien, rien de bien somptueux. D’extérieur simple, les fenêtres n’avaient aucune fantaisie. Ce n’est pas le genre de la maison, aurait pu-t-on dire. La façade était en pierre blanche et le contour des ouvertures, en pierre rouge.

La demeure se dressait sur trois étages ; le dernier servant à loger les domestiques. Les deux autres étaient à l’usage de la famille.

Au manoir, on s’inquiéta du mauvais temps. Cela risquait de faire du grabuge. Un sacré grabuge qui n’intéressait pas le moins du monde le vieil Ellroy. Il avait autre chose à penser que de s’occuper d’un coup de vent. Il y avait le personnel pour cela.

George Ellroy avait un savoir-vivre qui lui était propre. Vieil homme aux cheveux gris qui avait gardé tout son caractère ; aux limites de l’impolitesse, mais personne ne se permettait de le lui faire remarquer. Ce n’était pas qu’il avait un air inquiétant mais vieil homme ou pas, il avait un caractère impossible. Impossible, ce qui lui permettait de tenir tête avec une grande facilité.

Aurait-il pu en être autrement ?

La soirée était l’occasion d’inviter à dîner. Le repas, comme à son habitude, risquait d’être un évènement grandiose.

Cole Ford, le premier invité, arriva sur les coups de six heures et demie. Au moment où la tempête frappait au plus fort.

Il était d’une grande élégance, et ce, malgré ses origines modestes. Les quartiers pauvres de Londres étaient pour lui de vieilles connaissances.

Il avait une intelligence remarquable et un don évident pour les affaires. Son génie s’effaçait derrière le fort caractère de George Ellroy, mais il restait un associé précieux. Mais depuis quelques années, ils se croisaient plus rarement et toujours pour affaires dans son bureau à la Ellroy&Ford Bank.

Georges Ellroy était un homme rigoureux qui ne parlait que finances et placements boursiers. C’était toujours lui qui imposait ses idées. Ford ne se considérait pas comme une de ses victimes. Il pensait qu’être au côté d’un homme de son envergure était un gage de sécurité. Personne (oh mon Dieu !) ne se serait permis d’escroquer ce vieux briscard sans le faire à ses risques et périls.

Ford portait une longue redingote marronne de coupe moderne. Elle cachait une chemise blanche et une cravate sombre. La pluie et le vent avaient décoiffé ses cheveux à la coupe soignée. Quand Philip, le majordome, le fit entrer, il plaisanta sur le mauvais temps. Le majordome acquiesça avec un sourire forcé. Il était, bien qu’il en détestait ce terme, un employé très consciencieux à la politesse affectée. Il appelait cela l’attitude parfaite du majordome. Toujours impeccable et sans reproche. Ses cheveux, poivre et sel, révélaient une légère calvitie qu’il cachait à l’aide d’une discrète perruque ; cette coquetterie suscitait des moqueries de la part des autres employés. Il retira le manteau de M.Ford et lui proposa d’aller se réchauffer près de la cheminée au petit salon.

M.Ellroy fut aussitôt prévenu de l’arrivée de son associé. Il prit juste la peine de lever la tête et ne prononça qu’un seul mot. Parfait

 

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9 septembre 2016 5 09 /09 /septembre /2016 19:47

Les coquillages -

Petits souvenirs

Pour grandes vacances

 

 

Peu à peu

Les souvenirs s'en vont

Comme mon bronzage...

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5 septembre 2016 1 05 /09 /septembre /2016 13:47

 

En cueillant des soucis

J'ai découvert

Une  coccinelle

 

 

Une tranche de pastèque

Me suffit -

Comme un verre d'eau

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1 septembre 2016 4 01 /09 /septembre /2016 15:01

 

Dans son cahier

L'élève écrit 

Sa première leçon

 

*

 

Cartable sur le dos

L'élève devient

Tortue

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30 août 2016 2 30 /08 /août /2016 14:44

 

 

Quand la rose s'entr'ouvre, heureuse d'être belle, 
De son premier regard elle enchante autour d'elle 
Et le bosquet natal et les airs et le jour. 
Dès l'aube elle sourit ; la brise avec amour 
Sur le buisson la berce, et sa jeune aile errante 
Se charge en la touchant d'une odeur enivrante ; 
Confiante, la fleur livre à tous son trésor. 
Pour la mieux respirer en passant on s'incline ; 
Nous sommes déjà loin, mais la senteur divine 
Se répand sur nos pas et nous parfume encor.

 

 

Louise Ackermann (1813-1890)

 

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