Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog
15 octobre 2016 6 15 /10 /octobre /2016 20:10

 

Panne de courant -

Les bougies redeviennent

A la mode

 

 

Le gâteau devient

Plus lourd chaque année -

Une bougie en plus

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Bertrand - dans Haïku Senryû
commenter cet article
12 octobre 2016 3 12 /10 /octobre /2016 20:09

 

J'ai cueilli une rose

Mais elle s'est fanée

J'en ai cueillie une autre

Mais elle n'a pas duré

 

J'ai coupé une rose

Mais elle s'est envolée

J'en ai coupée une autre

Mais je ne sais pas où elle est tombée

 

J'ai dessiné une rose

Sur une feuille de papier

J'en ai dessinée une autre

Et je les ai gardées.

Partager cet article

Repost 0
Published by Bertrand - dans Poésie
commenter cet article
9 octobre 2016 7 09 /10 /octobre /2016 16:05

 

Le sergeant demanda si quelqu’un était venu voir le défunt. Philip secoua la tête.

« A vrai dire, je ne sais pas. J’étais avec les invités.

-Les invités ? Quels invités ?

-Le Maître avait invité le pasteur Lawrence et son associé M.Ford.

-Où sont-ils ?

-Dans le petit salon.

-Vous n’avez rien entendu ? Il a du probablement crier au moment où son meurtrier l’a poignardé.

-Non. Personne n’a entendu Monsieur crier. La seule personne à avoir crié est Miss Stana, la jeune domestique. Elle est devenue complètement hystérique après avoir découvert le corps.

-Quelle heure était-il ?

-Je ne saurais vous le dire précisément, mais je pense qu’il devait être environ huit heures. Il avait été demandé à Miss Stana de prévenir Monsieur Ellroy que ses invités l’attendaient dans la salle à manger. On a appelé la police tout de suite après.

-Donc, il serait mort vers huit heures. On a dû mettre la main devant sa bouche. Probablement un gant. Il le poignarde d’un seul coup dans le cœur avec le coupe-papier. Avec beaucoup de sang-froid, il place des feuilles dans son nez. Il savait ce qu’il faisait. C’est donc un meurtre avec préméditation. Mais pourquoi ? Quelqu’un lui en voulait ?

-Au point de le tuer ? Je ne crois pas. Il pouvait être sévère avec le personnel mais personne ici n’irait jusqu’à le tuer. »

 

Harry Midwall examina la pièce. Rien de suspect. Tout était correctement rangé. Pas un seul document sur le sous-main. Que faisait-il donc à son bureau ? Des dossiers, des relevés de compte, des factures marquées PAYEE étaient soigneusement classés dans les tiroirs.

Après s’être baissé pour regarder dans le dernier classeur, Midwall remarqua que le point gauche du défunt était serré. Etrangement serré. Quand il l’ouvrit, il y trouva un morceau de papier déchiré. Quelque chose y était inscrit mais cela n’avait rien d’une lettre ou d’un chiffre.

Il remarqua derrière lui, une corbeille remplie de papiers chiffonnés, raturés, déchirés. Probablement des brouillons de lettres. Quelques informations qui auraient très bien pu finir dans le feu de la cheminée. Pourtant elles avaient fini dans une corbeille à papier. Cela devait signifier qu’il ne s’agissait que de documents sans grande importance. Ou qui paraissaient comme tels. A y regarder de plus près, l’un des brouillons semblait étrangement différent des autres.

Il le saisit, de ses mains gantées ; il s’agissait d’une lettre écrite par George Ellroy, à un certain Fulton, le notaire de la famille.

 

M.George ELLROY

Manoir ELLROY

St Mabyn

 

16 Mars 19

 

M.Henry FULTON

Notaire

7 Cornwall Street

St Mabyn

 

Cher Maître,

 

Je vous écris au sujet de mon testament que je vous ai fait parvenir le mois dernier et qui faisait de mon fils William mon unique héritier.

Mais depuis quelques semaines, je songe à le déshériter. Mon fils ne cesse de dépenser l’argent sans réfléchir, pour son bon plaisir, à fréquenter les champs de courses et pire que tout, des personnes peu fréquentables.

Ses aventures sont malheureusement connues de tout le village et peut-être de tout le comté (ses exploits vont bien au-delà de St Mabyn).

Je ne tolère plus son comportement et son manque de sérieux. Je ne souhaite pas que la fortune familiale disparaisse par sa faute.

J’y ai longtemps réfléchi et je pense que son cousin Alfred sera plus à même de gérer Ellroy&Ford Bank que mon idiot de fils.

C’est pourquoi je souhaiterais que vous veniez au Manoir demain dans la matinée afin de procéder à la rédaction d’un nouveau testament.

Je vous prie d'agréer cher Maître l'expression des mes respectueuses et sincères salutations.

 

Georg

 

La fin de la lettre était interrompue, sur la signature inachevée de George Ellroy. Midwall fit tout de suite le rapprochement avec le bout de papier qu’il tenait encore entre ses mains. Tout se superposait parfaitement.

« George Ellroy était en train d’écrire cette lettre quand il est dérangé. Il arrête d’écrire. Il parle à son interlocuteur qui s’approche de lui pour une raison X ou Y et le tue. Il prend la lettre dont une partie reste serrée dans la main de la victime et la met à la poubelle comme n’importe quel brouillon au lieu de la brûler. Stupidité ou ruse ? Ruse ou stupidité ? Toute cette histoire me paraît plus compliquée qu’elle n’en a l’air. »

 

Partager cet article

Repost 0
7 octobre 2016 5 07 /10 /octobre /2016 16:49

 

Bruits de voiture

Klaxon et coup de frein -

Musique de ville

 

 

Le cheval s'agite

La calèche tremble -

Hurlements du cocher

Partager cet article

Repost 0
Published by Bertrand - dans Haïku Senryû
commenter cet article
2 octobre 2016 7 02 /10 /octobre /2016 11:03

 

 

Les invités étaient retournés au petit salon. Il était préférable qu’ils y restent, le temps d’improviser le dîner.  

Mrs Fortew, l’autre domestique, leur avait apporté du café.

Angela Fortew était peut-être la plus âgée du personnel. Elle avait le teint blanc et le front ridé. Elle portait un grain de beauté en bas du visage. De taille moyenne, elle n’avait aucun charme – mais n’était pas pour autant affligée de laideur.

Le café ainsi donné, qui ne se refusait pas en un tel moment, elle retourna aux cuisines.

Le majordome retourna voir M.Ford et le pasteur Lawrence. Il les informa de la prochaine arrivée de la police et s’excusa auprès d’eux pour cette malheureuse affaire.

Cole Ford haussa les épaules, et le pasteur Lawrence prononça une quelconque phrase biblique.

 

Quelques instants plus tard, on frappa à la porte. Philip ouvrit la porte. Il s’agissait d’un policier qui se présenta comme étant le sergeant Harry Midwall. D’âge mûr, il était de taille moyenne, mais sa carrure faisait qu’il paraissait plus grand.

Quand il donna son manteau au majordome, il s’excusa qu’il soit mouillé. Cela laissa découvrir un costume noir parfaitement taillé, une cravate rayée et une chemise blanche, parfaitement blanche. Ses souliers vernis lui donnaient une curieuse démarche.

« M. Ellroy est en haut, dans son bureau. J’ai prévenu tout le monde de ne pas toucher à son corps, comme vous ne l’avez recommandé au téléphone.

-M. William Ellroy ?

-Non. Il s’agit du Maître. M.George Ellroy, le père. »

Le sergeant Midwall fut surpris. Il s’était fait à l’idée qu’il s’agissait du fils Ellroy. Celui qui créait toujours toutes sortes de problèmes. Mais l’argent de son père faisait toujours son effet sur les autorités du coin, selon les rumeurs qui circulaient.

« Pouvez-vous me montrer la scène du crime, Monsieur…

-Je suis Philip le majordome de la famille.

-Monsieur Philip. »

Le majordome inclina la tête et lui fit signe de le suivre. Ils grimpèrent un escalier de marbre d’une vingtaine de marches. Midwall avait commencé à les compter mais s’arrêta quand il entendit quelqu’un pleurer. Une voix aigüe et saccadée.

« C’est Mrs Ellroy, l’épouse de Monsieur. On lui a dit que Monsieur avait eu un malaise sans entrer dans les détails.

-Vous avez bien fait. »

Philip et Midwall passèrent devant une porte ouverte. Midwall en profita pour jeter un coup d’œil. Une personne, âgée, était assise à côté de la fenêtre dans un fauteuil pourpre de style Une femme, d’une soixante d’années, était assise à ses côtés et lui tenait la main. Elle lui parlait à voix basse. Elle la consolait, probablement.

Ils dépassèrent encore deux portes, cette fois fermées, et atteignirent le bureau.

De la pièce, s’échappait une atmosphère étrange. Presque oppressante. Les tentures vert foncé avaient été tirées Le feu crépitait encore dans la cheminée. Georges Ellroy était assis dans son fauteuil, la tête en arrière, la bouche et les yeux grands ouverts. Un objet avait été planté dans son cœur. Midwall remarqua, en examinant le bureau, qu’il manquait un coupe-papier. C’est sans doute cela qui avait servi à poignarder M.Ellroy.

« Monsieur…Philip, n’avez-vous prévenu que la police ?

-Oui. Dans la précipitation, j’ai pensé que c’était le plus important à faire.

-Oui, oui. Je vous comprends. Mais maintenant, vous pouvez appeler le médecin légiste Fillroy. Je dois avoir sa carte quelque part. Je crois que celui-ci nous sera très utile. »

Avant de quitter la pièce, carte en main, Philip fut rappelé par le commissaire.

« Téléphonez-lui de ma part. Et dites-lui de venir au plus vite. »

 

Philip passa le coup de fil demandé. La première fois, personne ne répondit. La seconde fois, une voix faible grésilla dans le téléphone. Le docteur Filroy s’excusa aussitôt de ne pouvoir mieux s’exprimer mais il était malade depuis quelques jours, un rhume effroyable Le majordome lui apprit qu’Harry Midwall avait besoin de ses services. Filroy se félicita de l’intérêt que lui portait son vieil ami mais il devait décliner l’invitation. Il allait trop mal et la tempête sévissait dans tout le comté. Il ne pouvait pas venir. Peut-être demain, si sa santé et le temps le lui permettaient. Il demanda de saluer Harry de sa part.

Le sergeant parut contrarié, en apprenant la nouvelle. Il avait espéré de l’aide. Enfin, il devrait s’en passer jusqu’à ce que la tempête se calme. Au moins, jusqu’au lendemain.

Il s’approcha du corps. Il l’examina sous tous les angles. Le visage de George Ellroy exprimait la surprise. Ses cheveux blancs – les quelques-uns qui lui restaient encore – étaient ramenés en arrière et décoiffés. Pas de trace, apparemment.

En s’avançant d’un peu plus près, Midwall remarqua que quelque chose dépassait de son nez. Quelque chose de vert roulé en cigarette, profondément enfoncé dans les narines.

« C’est bien étrange. Oui, bien étrange. C’est bien la première fois que je vois quelque chose de pareil. Monsieur le majordome, avez-vous une…une pince à épiler à me prêter ?

-Une pince à épiler ? Puis-je me permettre de demander pourquoi ? »

Le policier eut un large sourire, un peu rieur.

« Vous me semblez être quelqu’un qui s’intéresse à tout. Vous connaissez toutes les habitudes de cette maison. Je me permettrai donc de vous interroger plus tard. Mais il me faut tout de même une pince.

-Je crois que Monsieur en gardait une dans son bureau. Le premier tiroir de droite. Monsieur collectionnait les timbres ; il avait une très belle collection. Il passait des heures à les trier et à les ranger.

-Merci. Elle va m’être utile. »

Midwall ouvrit le tiroir et fouilla. Il trouva une curieuse pince. Jamais il n’en avait vu de semblable. Elle était d’une taille plutôt surprenante – plus longue qu’à l’accoutumée – et se finissait par deux têtes plates. Elle était d’un métal doré et portait les initiales G.E.

Il la prit et tira avec délicatesse sur ce qui sortait des narines du défunt.

« Savez-vous ce que c’est, Monsieur…Philip ?

-Non, Monsieur le Commissaire, je n’en ai aucune idée.

-Ce sont des feuilles de basilic.

-De basilic ? Pourquoi coincer du basilic dans son nez ?

-Je ne sais pas encore. Ce meurtre est bien étrange. »

Partager cet article

Repost 0
28 septembre 2016 3 28 /09 /septembre /2016 13:50

 

En secouant la branche

J’ai fait tomber

Une pluie de châtaignes.

 

 

Les feuilles jaunissent

Parfois, elles tombent –

Histoires d’automne

 

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Bertrand - dans Haïku Senryû
commenter cet article
25 septembre 2016 7 25 /09 /septembre /2016 14:54

 

Peu avant huit heures, Philip vint chercher les invités au petit salon afin de les conduire à la salle à manger. Il fallait traverser l’immense entrée, puis un long couloir décoré de tableaux représentant la dynastie des Ellroy et quelques chefs-d’œuvre d’art contemporain. Il y avait une petite porte, peu avant le couloir, qui menait près de l’escalier. Elle s’ouvrit brusquement, avec grincements et violence. Le vent s’engouffra dans la pièce. Un jeune homme, la vingtaine, entra. Il portait une salopette bleue usée, ainsi que des gants. Ses bottes qu’il avait au pied suintaient à chaque pas. Il s’essuya le visage avec sa manche.

« Bon sang, quel temps ! Un véritable déluge… »

Il remarqua soudain la présence du majordome et des deux invités.

« Excusez-moi, messieurs. Je croyais être seul. Je suis Marvin. Marvin Harley, le jardinier de la famille. »

Le majordome rétorqua d’un air pincé.

« Marvin, je vous prierais la prochaine fois d’utiliser la porte de l’office non celle-ci.

-Philip, ne soyez pas vieux jeu ! Ce n’est pas la première fois que j’entre par cette porte. De toute façon, avec toute cette pluie, je suis assez propre. Mais pour vous faire plaisir, je vais retirer mes bottes.

-Je vous remercie de votre courtoisie, Marvin. Je ne veux pas voir ces horreurs traîner. Rangez-les à leur place et allez aider en cuisine. Au moins, vous serez utile à quelque chose.

-Elles se débrouillent très bien sans moi. Mrs Ellroy a probablement dû vous le dire, je suis invité à dîner avec vous. Vous pouvez aller vérifier auprès d’elle si vous voulez. Mais ce serait une perte de temps. »

Le jardiner se dirigea en chaussettes vers la cuisine en laissant des traces humides sur le sol.

« Je trouve ce jeune homme impoli, fit remarquer Cole Ford. Est-il toujours comme cela ?

-Il adore se faire remarquer. Mais c’est un bon à rien. Il ne sait pas différencier les roses des tulipes. Son père, c’était autre chose. Un excellent jardinier. C’est son fils qui lui a succédé quand il a décidé d’arrêter. C’est bien dommage. »

*

La salle à manger occupait l’aile ouest du manoir. On y accédait par une double porte. La pièce dégageait une impression de confort luxueux dû à l’ameublement raffiné et à la décoration de bon goût. Un lustre magnifique, probablement en cristal, dispensait une clarté rassurante. Le crépitement des bûches dans la cheminée complétait cette sensation de bien-être. Une armure de grande beauté et un bar faisant face à de confortables fauteuils donnaient une touche masculine à l’ensemble.

« Cette pièce est superbe, avoua Cole Ford. Je ne me souvenais plus qu’elle ressemblait à cela.

-C’est parce que M. Ellroy l’a totalement fait redécorer, il y a trois mois, il me semble. C’est Monsieur qui a personnellement choisi les tapis et la décor…»

Un cri vint surprendre les trois hommes. Un cri irrégulier et strident, suivi par des Mon Dieu. Au secours. C’est terrible.

Philip reconnut la voix de Stana.

« Qu’a-t-elle encore ? murmura-t-il. »

Quelqu’un ouvrit brusquement les doubles portes de la salle à manger. La vieille nourrice apparut, le visage livide, complètement paniquée.

« C’est horrible ! M.Ellroy est mort ! »

Personne ne sembla réaliser sur le moment ce qui se passait. Le pasteur regarda Cole Ford, qui regarda le majordome.

« Que me racontez-vous là ?

-M. Ellroy est mort. Stana voulait le prévenir que le dîner allait être servi quand elle l’a découvert mort.

-Mon Dieu, il n’a pas eu le réconfort de Dieu, dans ses derniers instants. Mais où ai-je mis mes cachets, ajouta le Pasteur, d’un air contrarié.

-Il a peut-être eu un malaise. Une crise cardiaque, assura M.Ford.

-Non, monsieur. C’est bien pire. Il…il…

-Reprenez vos esprits, Mrs Rooney, s’agaça Philip, dites-nous ce qu’il s’est passé.

-Oh ! M.Philip. M.Ellroy a été assassiné ! »

Partager cet article

Repost 0
21 septembre 2016 3 21 /09 /septembre /2016 14:07

 

Se promener en forêt

Ecouter le silence

....

Rêver

Partager cet article

Repost 0
Published by Bertrand - dans Poésie Textes courts
commenter cet article
18 septembre 2016 7 18 /09 /septembre /2016 15:12

 

 

Ford tentait de se réchauffer auprès du feu. Il était transi de froid. Son bas de pantalon et une bonne partie de ses chaussettes étaient trempées. Ses chaussures, des souliers vernis, avaient mal supporté la pluie battante.

Miss Stana – c’est ainsi qu’on l’appelait - lui apporta un café. Jeune domestique, elle était affligée d’une grande nervosité. Une beauté, concéda Cole Ford. Son type slave était rehaussé par sa longue chevelure blonde.

Elle laissa échapper quelques éclaboussures du breuvage qui retombèrent sur un plateau en argent. Elle se confondit en excuses, d’une voix bafouillante, à l’accent croate, lui sembla-t-il.

« Ne vous inquiétez pas, Miss ; ce n’est pas grave. »

La jeune domestique le remercia avec soulagement et sortit du petit salon.

Le café était chaud et fort, à son goût. Il le but rapidement par crainte de le voir refroidir. Il posa la tasse sur la table basse et s’assit sur le canapé. Ses effets étaient presque secs. Seul le bas de pantalon restait ininflammable.

Il reprit la tasse et la fit rouler entre ses mains. Il reposa la tasse quand le majordome Philip entra, accompagné d’un vieil homme rondouillard et au crâne dégarni. Ford reconnut une vieille connaissance. Le pasteur Alfred Lawrence. Il avait officié dans de nombreux comtés de Cornouailles et c’était la première fois que Ford le rencontrait depuis une dizaine d’année. Il était toujours de bon ton d’inviter un homme d’église.

Lawrence et Ford se saluèrent. Le majordome commença à faire les présentations, mais M.Ford l’interrompit. Il connaissait le pasteur depuis longtemps.

« Très bien, répondit le majordome. Voulez-vous un café ? Et vous, M.Ford, en reprendrez-vous ? »

Les deux invités refusèrent.

Le pasteur vint s’asseoir à côté de lui. Lawrence était bavard mais sa conversation était intéressante. Il parla de toutes les petites campagnes où il avait officié. Il en avait oublié quelques unes. Il se tut puis reprit la parole.

« Je me souviens d’une bien triste affaire quand j’étais dans un petit village près de St Kew, St Mary…St Mary-Valley. C’était un dimanche, peu avant la messe. Miss Penworth allait fleurir la tombe de ses parents comme toutes les semaines quand elle découvrit le cadavre de la petite Elisa Stown. Une brave gamine discrète qui ne faisait jamais parler d’elle. La pauvre enfant ! A l’époque, cela avait fait tout un raffut dans le village. Tout le monde voulait la venger. La police était sur ses gardes pour éviter qu’un innocent ne se fasse lyncher. Il ne leur a pas fallu longtemps pour arrêter le…disons, le coupable. C’était un petit voyou, connu des environs, qui avait fait le coup. Ils sortaient ensemble. Je ne comprends pas pourquoi les filles sérieuses s’entichent toujours de garçons à problèmes. Ils se sont disputés et cela a mal tourné. Crise de jalousie. Toute cette histoire pour de la jalousie. Je crois qu’il est toujours en prison. Un véritable drame. Mais chacun doit payer pour ses pêchés. Depuis, je n’ai plus jamais remis les pieds à St Mary. J’espère que je ne vous ennuie pas trop avec mon histoire.

-Pas du tout, M. le pasteur. Des histoires comme celle-là arrivent tous les jours. Les journaux en sont remplis. Même les plus sérieux. Vous avez sans doute entendu parler de Sir Henry Shawcross, qui s’est suicidé après avoir perdu sa fortune en bourse.

-Oui, cela a fait grand bruit. Ce triste évènement remonte à quelques mois, je crois.

-Cinq mois, pour être exact. Je connaissais parfaitement bien Sir Shawcross. J’avais traité bon nombre d’affaires avec lui auparavant. Un homme sérieux et intelligent. Je ne comprends toujours pas comment il a pu en arriver là. Il m’avait parlé d’un placement sûr. Une société qui exploitait des gisements de pétrole près des Shetland. La société a fait faillite au bout de cinq semaines. Une escroquerie. Il a tout perdu. Il avait voulu que j’investisse avec lui. J’avais hésité, pourtant il était très convaincant, vous savez. Finalement, je n’ai rien fait. Heureusement pour moi.

-L’argent est source de malheur. Un homme tombe facilement dans la folie quand il cherche à gagner toujours plus d’argent. Une sorte d’accoutumance. Une drogue. Plus d’un en laisse sa fortune.

-Voyez le bon côté des choses, M. le pasteur. On a toujours besoin d’argent.

-Il faut savoir rester raisonnable, M.Ford. Qui du riche ou du pauvre est le plus malheureux ?

-A vrai dire, je ne sais pas. Je pencherais pour le pauvre. J’ai connu la misère, vous vous en rappelez, mais depuis que je suis associé avec George Ellroy, j’ai l’impression d’être plus heureux.  Une seconde chance dans la vie.

-Peut-être mais comme je l’ai déjà dit, le riche risque plus facilement de tomber dans la folie que le pauvre. »

Le pasteur s’interrompit quelques secondes. Il fixa l’horloge. Une horloge décorée de moulures en fer forgé gris brillant. Les aiguilles indiquaient sept heures et demie. La porte s’ouvrit.

« Le dîner sera servi dans une demi-heure. M.Ellroy vous prie d’excuser ce retard. Désirez-vous prendre une boisson en attendant, Messieurs ? demanda le majordome.

-Non, merci Philip, répondit M.Ford. »

Le pasteur Lawrence demanda un verre d’eau.

« Je dois prendre un cachet sinon je risque d’être un bien piètre convive.

-Si vous souhaitez quelque chose, vous pouvez sonner. Je serai dans la cuisine avec les domestiques et la cuisinière. 

-Nous vous rappellerons si nécessaire. Merci Philip. »

« Sommes-nous les seuls invités ce soir ?

-Oui, Monsieur Ford. M. Oliver, le médecin de Monsieur, devait aussi venir mais il a été appelé en urgence, à une cinquantaine de kilomètres d’ici. Cela a beaucoup contrarié Monsieur. »

Partager cet article

Repost 0
17 septembre 2016 6 17 /09 /septembre /2016 21:53

 

Truffre rose

Contre truffe noire -

Flair de cochon

 

 

 

Champignon atomique -

Comme un début

De fin du monde

 

Partager cet article

Repost 0
Published by Bertrand - dans Haïku Senryû
commenter cet article

Présentation

  • : Le Newscript de Bertrand
  • Le Newscript de Bertrand
  • : Bienvenue dans ma bibliothèque avec mes livres, mon encyclopédie, mes albums de collections... Choissisez et découvrez.
  • Contact

Droits d'auteur

 

sceau1bc

 N°00051087

Recherche

Ma librairie

En vente ici

 

Maintenant en format PAPIER

 

Dans Ma Bibliothèque